prépa apprentissage

Les « prépas apprentissage » : la solution miracle pour maitriser les codes de l’entreprise ?

Je vous le dis régulièrement, l’entrée en apprentissage peut être un moment stressant parfois, en particulier pour les plus jeunes. En effet, à 15 ans, on ne dispose pas forcément de tous les codes de l’entreprise et notamment les fameuses « Soft Skills ». C’est en partant de ce constat que le gouvernement a mis en place, depuis le 1er mars 2019, des « prépas apprentissage ».

Qu’est-ce qu’une « prépa apprentissage » ?

La vocation principale d’une « prépa apprentissage » est, comme son nom l’indique, de préparer les jeunes à la reprise d’étude par la voie de l’apprentissage. Là vous allez me dire : « merci, on avait deviné ! »

La particularité de ce dispositif est qu’il s’adresse à des jeunes de 16 à 29 ans, notamment ceux qui ne sont ni scolarisés, ni en emploi et qui n’ont pas eu le bac. La « prépa apprentissage » est également destinée aux jeunes chômeurs inscrits depuis plus de six mois, aux personnes en situation de handicap, aux réfugiés et aux mineurs non accompagnés. L’idée est de remettre le pied à l’étrier à ces jeunes qui se considèrent comme étant en échec, en leur permettant de rejoindre une formation en apprentissage, avec un accompagnement sécurisant. Comme le dit Muriel Pénicaud, la ministre du Travail (vous le savez sans doute, mais je préfère le préciser…😂) : « l’apprentissage est une voie de passion, d’excellence et d’autonomie. L’intégration dans le monde professionnel des jeunes, en particulier les plus vulnérables, est un enjeu de premier plan pour leur réussite future ».

En clair, une « prépa apprentissage » est un parcours personnalisé qui vise à faire découvrir, des métiers, des filières et, éventuellement, à assurer une remise à niveau dans certaines matières clés (français, calcul, bureautique…). L’avantage est que le jeune est accompagné tout au long de ce parcours qui peut durer d’une semaine à plusieurs mois.

Un exemple concret : le projet porté par le CFA des Maisons Familiales Rurales de Bourgogne-Franche-Comté

Vous vous dites : « ok, ça a l’air intéressant, mais concrètement, ça donne quoi ? » Comme je commence à connaitre votre soif de précision, j’ai profité de ma rencontre avec Philippe Fayolle, Directeur du CFA des Maisons Familiales Rurales de Bourgogne-Franche-Comté, pour parler du projet de « prépa apprentissage ».

« Les deux réseaux : les Missions locales et les Maisons familiales Rurales, ont constitué un consortium pour répondre à l’appel à projets « prépa apprentissage ». Les 33 structures incluses dans le consortium sont prêtes à accompagner des jeunes de 16 à 29 ans dans ce dispositif, dès la prochaine rentrée scolaire.
Les associations Missions Locales et MFR, par leur présence massive dans les milieux ruraux, se proposent de servir d’agence de liaison entre les entreprises et les personnes en recherche d’orientation professionnelle. De plus la démarche doit permettre de dynamiser l’offre de service en milieu rural et des parties prenantes (élus, associations, entreprises, population du secteur…). L’avantage du consortium est de présenter une solution décentralisée au plus proche des jeunes et des entreprises.
Le dispositif s’adresse à :

– Des jeunes de 16 – 29 ans, jeunes NEET (Not in Education, Employment or Training), ni en emploi, ni en formation, ni scolarisés et ayant au plus, atteint le niveau V ou le niveau IV non validé.

– Des jeunes identifiés comme « décrocheurs » ou « décrocheurs » potentiels

– Des jeunes primo inscrits à pôle emploi

– Des jeunes en situation de handicap

– Des jeunes résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville ou dans les zones rurales à revitaliser (ZRR)

– Des jeunes migrants et mineurs isolés (MNA)

– Des jeunes sous-main de justice (milieu ouvert)
Un « pré positionnement » et un diagnostic précis de la situation du jeune, ouvrent sur la signature d’un contrat d’engagement qui débouche sur la mise en place d’un parcours utilisant les différents outils d’accompagnement mis à disposition par les deux réseaux.

Le parcours proposé est construit sur une période allant d’une semaine à douze mois. Il comprend, un temps de positionnement, une période de construction du projet professionnel, constituée de 6 phases et une seconde période pour accompagner le jeune vers la réussite de son projet et la signature d’un contrat de formation ou d’emploi. Chaque période et chaque phase sont modulaires en fonction des besoins de chacun.

L’accompagnement est proposé autour de 6 phases de régulation d’une durée de quatre à six semaines, qui alternent des temps de formation individuels, des temps collectifs et d’autres en entreprises. L’objectif étant d’acquérir des savoirs de base manquants, d’enrichir les connaissances et les compétences et de découvrir le monde professionnel, l’entreprise et les différents métiers porteurs d’emploi.

Au terme de ces 6 phases, ouverture d’une deuxième période avec 2 possibilités de poursuite :

– Un parcours en alternance, reprenant les phases « expérimentation du projet » et « retour d’expérience » pour valider l’orientation choisie. L’objectif de cette deuxième période est de mettre les jeunes, en proximité d’un parcours de formation proposé en MFR, ou dans un CFA partenaire, obligatoirement lié au métier choisi. Elle peut être longue et permet de rechercher un groupe de formation qui puisse accueillir le pré apprenti en attente de signature d’un contrat.

– Si le jeune rencontre des difficultés importantes ne lui permettant pas de poursuivre le projet choisi, il revient alors à une phase « je découvre l’entreprise » et « retour d’expérience » pour étudier la possibilité d’une nouvelle orientation en cohérence avec ses capacités. Il est accompagné pour redéfinir son projet professionnel afin de trouver une solution adaptée.

Tout au long des deux parcours proposés, nous mobilisons les outils d’accompagnement sociaux,  psychologiques et financiers nécessaires pour éviter les ruptures. Les Missions Locales disposent d’une boite à outils et de personnel spécialisé, les MFR disposent de personnel expérimenté, d’hébergement et de restauration, le droit commun peut venir compléter les besoins identifiés sur la mobilité et tous les freins périphériques repérés au préalable. Par ailleurs, nous avons mis en place un protocole permettant de « gérer l’attente » afin de sécuriser au mieux les parcours. »

Voilà, grâce à Apprentips, vous en savez plus sur ce nouveau dispositif. Est-ce que ce sera la solution miracle pour développer un peu plus l’apprentissage ? On l’espère et vous ?

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