la génération Z

5 préjugés sur la « génération Z »

La génération Z, celle des jeunes nés après 1995, fait beaucoup parler d’elle. En effet, ces jeunes commencent à entrer sur le marché du travail et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils bousculent les habitudes des entreprises. Pourtant, il existe de nombreux préjugés sur cette génération. Tentons ensemble de démêler le vrai du faux.

« La génération Z est versatile ! »

Oui, aujourd’hui j’utilise des mots compliqués… J’aurais pu dire que les jeunes sont « zappeurs », mais on me reprocherait alors de trop utiliser l’anglais ! Plus sérieusement, on entend très souvent que c’est une génération qui passe d’une entreprise à une autre, d’un contrat à l’autre, dès qu’il y a la moindre contrariété. Attention, je ne suis pas en train de prétendre que cela n’existe pas, loin de là. Toutefois, je pense que l’on peut faire preuve d’un peu de mesure. Pour Raphaël Scherrer, Responsable du Département Carrière & Recrutement à la Caisse d’Épargne de Bourgogne-Franche-Comté : « On peut remarquer chez les jeunes, une certaine envie de bouger, de ne pas rester sur place, qui les amènent à considérer différemment leur rapport à l’entreprise. »  

S’il est vrai que les jeunes sont moins attachés à leur entreprise que ne l’étaient leurs parents et encore plus, leurs grands-parents, c’est aussi parce qu’ils ont compris qu’ils ne pourront pas faire toute leur carrière dans la même société. L’autre argument qui peut expliquer ce côté « zappeur » des plus jeunes est que ces derniers privilégient des missions qui « ont un sens ». Pour Corinne Gransart, Chargée Des Ressources humaines chez Lejay Lagoute : « les jeunes perçoivent l’Entreprise comme outil de création et de reconnaissance, et le travail comme source d’affirmation, de réalisation, de partage de valeurs. »

D’ailleurs, d’après le baromètre Ipsos « Talents : ce qu’ils attendent de leur emploi », les jeunes sont 92% à vouloir un métier qui soit intéressant et stimulant. Cette étude nous apprend également que les jeunes veulent pouvoir être fiers de leur métier (65%). Élyse DELIOT, Responsable Développement RH du Groupe SEB le confirme : « la génération Z a un rapport différent au travail et à l’entreprise. Elle y recherche du sens, un intérêt. Si elle y trouve son compte, son implication est totale, dans ses missions comme dans des missions plus transverses. Si elle n’y trouve pas son compte, elle semble moins attachée à l’entreprise et n’hésite pas à faire autre chose. »

Si vous voulez mon avis, c’est aux entreprises de s’adapter et de leur proposer des tâches variées et stimulantes.

« La génération Z est individualiste ! »

C’est sans doute l’apriori le plus injuste que l’on peut avoir sur les jeunes. Certes, ils utilisent énormément leurs smartphones (quatre heures par jour en moyenne) et passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux, mais ils sont également incroyablement ouverts sur le monde qui les entoure.

Toujours d’après le baromètre Ipsos, 51% des étudiants voudraient travailler dans le secteur de l’économie sociale et solidaire et ils sont même 59% à dire qu’ils accepteraient une baisse de salaire. Cela prouve bien que les jeunes de la « génération Z » sont très impliqués socialement. En entreprise, ils ont un esprit particulièrement collaboratif. D’ailleurs, dans le baromètre Ipsos, ils sont 59% à considérer que pour être efficace, le management doit favoriser la collaboration active des équipes.    

« La génération Z est paresseuse ! »

On dit parfois que les jeunes sont paresseux et qu’ils sont partisans du moindre effort. Même si, je ne peux pas nier que cela existe, il faut quand même tempérer. En effet, dès lors qu’ils y trouvent un sens, les jeunes sont prêts à s’investir dans un travail. Là encore, je pense que les entreprises devront s’adapter afin de leur donner du concret pour qu’ils puissent se motiver.

De plus, il semblerait que l’entrepreneuriat ne soit pas quelque chose qui leur fasse peur. Ainsi, ils sont 35% à vouloir créer leur propre entreprise et 19% à vouloir être « freelance ».  

« La génération Z refuse d’apprendre ! »

Vous avez sans doute déjà entendu dans les couloirs ou à la machine à café, qu’untel est un « petit c** qui sait tout mieux que tout le monde ! » Ça peut arriver, mais ce n’est pas la majorité. Bien au contraire, les jeunes sont plutôt humbles vis-à-vis de leurs compétences techniques. En effet, ils ont intégré depuis longtemps qu’avec l’évolution des métiers et la numérisation de l’économie, les connaissances sont rapidement obsolètes.

Ils plébiscitent d’ailleurs le développement en continu des compétences. En effet, ils sont plus de 60% à considérer qu’il est indispensable de se former tout au long de sa carrière. En réalité, les jeunes de la « génération Z » ne veulent pas des informations, car Google est leur meilleur ami, ils veulent qu’on leur montre l’exemple, en les traitant d’égal à égal. D’ailleurs, ils font profiter de leurs compétences à leurs collègues, en particulier pour tout ce qui touche au digital.

« La génération Z a un problème avec l’autorité ! »

Comme pour les autres sujets, je ne vous dirais pas que cela n’existe pas. Toutefois, ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les jeunes voient l’entreprise de manière transverse. Ils acceptent mieux le statut de collaborateur que celui de subordonné. Comme le dit Élyse DELIOT : « pour les jeunes, la réussite ne se traduit pas par devenir le boss ». Au risque de me répéter, les entreprises vont devoir s’adapter.

Ce qui est amusant, c’est qu’après vous avoir dit cela, je me rends compte que l’on pourrait dire la même chose de moi, alors que je ne fais pas partie de la « génération Z » (oui je suis vieux, ce n’est pas la peine de me le rappeler… 🙄). Cela me fait donc penser à la citation de Socrate pour qui :

« Les jeunes d’aujourd’hui aiment le luxe, méprisent l’autorité et bavardent au lieu de travailler. |…] Ils contredisent leurs parents, plastronnent en société […] et tyrannisent leurs maîtres. Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. »

Quand on pense que c’était il y a plus de 2.400 ans, je me dis que ce n’est peut-être pas la jeunesse qui change…

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