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10 clichés sur l’alternance passés au crible

Clichés alternance

via L’Etudiant

Halte aux idées reçues ! Non, l’alternance n’est pas une voie de garage pour mauvais élèves et réservée aux métiers manuels. Les études en alternance sont exigeantes. Elles préparent à des diplômes de niveaux CAP à bac+5. Et conviennent à celles et ceux qui aiment apprendre en faisant et sont prêts à s’investir.

1. L’alternance s’adresse aux mauvais élèves

Faux. Les formations en apprentissage ne sont pas un « plan B » pour élèves ayant échoué dans le système scolaire traditionnel. Les cursus en alternance s’adressent à des jeunes motivés, prêts à s’investir pour apprendre en faisant. En contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, vous devez vous attendre à travailler beaucoup. En contrepartie, vous ne paierez pas votre formation, vous toucherez une rémunération et acquerrez de l’expérience professionnelle. Diplôme ou titre en poche, vous entrerez très souvent plus facilement dans le monde du travail que les élèves et étudiants ayant suivi la voie classique.

2. L’alternance ne forme qu’à des métiers manuels

Faux. Boulanger, coiffeur, fleuriste, maçon, menuisier etc. L’apprentissage prépare à de nombreux métiers manuels, mais pas seulement. Vous pouvez vous former en alternance aux métiers du droit, du conseil, de l’ingénierie, de la gestion ou encore du numérique. Enfin, ne croyez pas que les métiers dits « manuels » ne font pas travailler le cerveau ! Avant de composer un bouquet ou de cuisiner un plat, il faut d’abord penser à leur conception ! Le geste parfait s’apprend au contact d’un professionnel aguerri, d’un maitre d’apprentissage qui vous transmet son savoir-faire, son expérience et sa passion du métier.

3. Seuls quelques secteurs recrutent en alternance

Faux. Le commerce, la réparation automobile et de cycles fournissent 22% des contrats. Mais ce sont les activités du secteur tertiaire qui recrutent le plus en alternance : soutien aux entreprises, santé humaine, action sociale, communication, immobilier, banques, assurances, informatique… L’industrie n’est pas en reste : le secteur a recruté en 2020 plus de 86.000 apprentis (soit 16,5% des contrats) pour préparer un CAP, un bac pro, un BTS ou un titre d’ingénieur. Un record ! En effet, chaque année, plus de 15.000 alternants sont aussi recrutés par la fonction publique pour être formés et travailler dans les administrations de l’État, les collectivités locales ou les hôpitaux.

4. On ne peut préparer que des diplômes de CAP ou de bac pro

Faux. Chaque année plus de 40% des apprentis préparent un diplôme de l’enseignement supérieur. Ils étaient 203.800 en 2019–2020, soit 13,4% de plus que qu’en 2018–2019. Les 6.200 formations en apprentissage proposées sur Parcoursup, représentent même près d’un tiers des quelque 20.000 formations proposées sur la plateforme. Ainsi vous pouvez obtenir un diplôme d’IUT, d’école de commerce, d’ingénieur ou de l’université par apprentissage. Vous obtiendrez un diplôme identique à ceux délivrés en formation classique à temps plein.

5. Très peu de filles sont apprenties

Faux. Effectivement , les filles sont minoritaires en apprentissage, mais leur part progresse : en 2020 41% des nouveaux apprentis étaient des apprenti-e-s. Et certaines formations attirent majoritairement des garçons (mécanique automobile) ou des filles (art floral, coiffure) mais la mixité progresse partout. Et plus le niveau de diplôme préparé est élevé, plus on s’approche de la parité. S’il n’y a que 21% de filles parmi les jeunes qui préparent un bac pro en alternance, elles sont 44% parmi ceux qui suivent une licence en alternance. Au niveau master (bac+5), elles sont même majoritaires et représentent 54% des apprentis. Cependant, les promotions d’ingénieurs diplômés par apprentissage comptent toujours peu de filles… environ 20%.

6. Le rythme est difficile à tenir

Vrai. Étudier en apprentissage, c’est vivre à un rythme plus intense que celui connu au collège, au lycée ou à la fac : vous suivrez 30 à 35 heures de cours les semaines où vous êtes au CFA et travaillerez 35 heures les semaines où vous serez chez votre employeur. Vous allez donc devoir vous organiser pour tenir le rythme sur la durée.

7. En alternance, on est mal payé(e)

Vrai et faux. Le contrat en alternance vous donne droit à une rémunération pour vous formerPour un contrat d’apprentissage, la rémunération minimum se calcule en pourcentage du SMIC et dépend de votre âge et de votre année d’études. Au 1er janvier 2022, les jeunes entrés en apprentissage à 16 ou 17 ans gagnent en première année un minimum de 433 euros par mois, puis 624 euros en deuxième année, etc. Entre 18 et 20 ans le salaire minimum est de 689 euros par mois en première année ; entre 21 et 25 ans, le minimum est fixé à 849,5 euros.

8. Un apprenti n’a pas de vacances

Faux. Il est vrai que vous aurez moins de vacances que ceux qui étudient sous statut scolaire. En contrat d‘apprentissage ou de professionnalisation, vous devenez un(e) salarié(e) à part entière. Donc adieu les vacances scolaires, bonjour les congés payés ! Chaque mois travaillé vous permettra d’acquérir 2,5 jours ouvrables de congés payés. Donc l vous faudra une année entière de travail pour obtenir 30 jours de congés. De plus, l’employeur a le droit de décider de la période à laquelle vous prenez vos congés. À noter : vous bénéficierez d’un congé supplémentaire rémunéré de cinq jours ouvrés dans le mois qui précède les examens pour vous préparer.

9. Si l’employeur ferme ses portes ou rompt le contrat, on perd tout

Faux. En cas de liquidation judiciaire d’une entreprise sans poursuite d’activité, l’apprenti a droit à une indemnisation au moins égale aux rémunérations qu’il aurait perçues jusqu’à la fin du contrat. L’employeur ou l’apprenti peuvent rompre le contrat de manière unilatérale durant les 45 premiers jours de l’apprentissage en entreprise. Ensuite, en cas de rupture de contrat, vous pouvez continuer la formation théorique en CFA durant six mois sous le statut de stagiaire de la formation professionnelle. Vous conservez vos droits sociaux et êtes rémunéré(e) par la région ou l’État.

10. Après la formation, l’employeur n’est pas tenu de recruter l’apprenti

Vrai. À l’issue du contrat en alternance, le chef d’entreprise peut ne pas vous recruter… mais l’inverse est vrai aussi ! Vous n’êtes pas obligé(e) de travailler dans l’entreprise qui vous a formé(e). Rassurez-vous : beaucoup d’employeurs recrutent en CDI des apprentis qu’ils ont formés. Enfin, ils peuvent aussi vous aider à vous insérer sur le marché de l’emploi en vous mettant en contact avec d’autres entreprises. Dans tous les cas, le diplôme et l’expérience acquis en alternance seront un plus sur votre CV. E

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